Ségolène Royal vante le blairisme et prend le PS de court (Le Monde)

Publié le par Isabelle Mandraud

Une provocation pour les uns, une bévue pour les autres. L'hommage rendu par Ségolène Royal à Tony Blair, dans le Financial Times du 2 février, sur sa politique en faveur des services publics et du traitement du chômage des jeunes, entre flexibilité et sécurité, a pris les socialistes de court au moment où, précisément, ils affrontent le gouvernement sur le contrat première embauche.

Pourquoi, bien que la présidente (PS) de la région Poitou-Charentes domine tous les autres prétendants dans son camp pour l'élection présidentielle de 2007, a-t-elle été prendre pour modèle la figure européenne la plus contestée à gauche ?

Parce que cela correspond à ses choix plutôt "droitiers", estime un concurrent. Parce que cela "lui permet d'être hétérodoxe et repérée dans l'espace public", juge un autre. "Personnellement, (Tony Blair), ce n'est pas ma référence", a réagi l'ancien ministre Daniel Vaillant, vendredi 3 février, sur Canal+. "Je suis plutôt dans la synthèse du Mans, qui redit des choses sur l'emploi, sur la régulation, la protection du droit du travail", a ajouté avec férocité le jospinien.

"Je préfère à tout prendre cette position plutôt que de gérer le silence, au moins chacun peut juger", risque pour sa part le fabiusien Claude Bartolone. Laurent Fabius comme Dominique Strauss-Kahn ont passé pour consigne à leurs partisans de continuer leur campagne, sans "s'occuper des autres", et surtout pas de Ségolène Royal. Sa façon d'esquiver le débat en France, qui contraint à rassembler ses idées façon puzzle, met leurs nerfs à rude épreuve.

Sur les 35 heures, par exemple, dossier sur lequel la candidate socialiste considère qu'il ne faut pas rester "bloqué", les dirigeants du PS ont déjà eu un petit avant-goût de ses désirs. Lors de la réunion de la commission du projet, qui réunit chaque mercredi tous les "éléphants", le sujet a indirectement été abordé à la mi-janvier.

Devant ses pairs, Mme Royal a soutenu l'idée qu'il fallait les imposer "dans l'enseignement". "Il faudra de forts contacts avec les organisations syndicales", a alors souligné un participant. "Oui, car il y aura de fortes manifestations", a ironisé François Hollande devant un auditoire détendu qui a immédiatement fait le parallèle avec les déboires de Claude Allègre.

"NI ARCHÉO DE GAUCHE NI LIBÉRALE"

"Elle n'est ni une archéo de gauche ni une libérale à tous crins, défend l'entourage de l'élue socialiste. Elle s'intéresse aux bons côtés du blairisme, comme aux idées sur la démocratie participative de Michelle Bachelet au Chili."

De fait, Ségolène Royal peut se montrer assez éclectique. A la fin du mois de novembre 2005, elle a déjà soutenu, dans un débat organisé par le magazine The Economist et l'Institut Montaigne, un think-tank libéral créé par Claude Bébéar, président du conseil de surveillance d'Axa, ce qu'elle considère comme "un juste deal" : une plus grande flexibilité contre davantage de sécurité dans l'emploi des jeunes.

Cinq mois auparavant, le 26 août, accueillant à Poitiers l'université d'été de l'association altermondialiste Attac, elle fustigeait "l'emballage idéologique de la précarisation généralisée et de la flexibilité imposée" des "risquophiles" du Medef. Dans la foulée, elle dénonçait le contrat nouvelle embauche du gouvernement Villepin, rebaptisé par ses soins "contrat de nouvelle débauche ou la possibilité de licencier pendant deux ans sans l'ombre d'un motif".

"Le débat d'idées, à gauche, n'est pas un petit supplément d'âme plus ou moins ornemental mais une nécessité vitale", expliquait-elle alors, avant de citer, pêle-mêle, le marxiste Gramsci et le sociologue Saïd Bouamama sur "l'arôme idéologique immédiat". Ségolène Royal prépare la synthèse de tout cela dans un livre à paraître en avril chez Flammarion. Elle y livrera sa vision de la société française, mais n'en fera "surtout pas un catalogue" de propositions.

Publié dans Et dans la presse

Commenter cet article

Jani-rah 05/11/2006 11:54



Le courant Réformisme et rénovation (R2) souhaite incarner un socialisme rénové, pragmatique et libéral, européen et progressiste pour prolonger dans le Parti Socialiste la motion 4 de Jean-Marie Bockel du congrès de Mans.
Nous avant fait le choix d'agir dans et par le PS, pour le rénover de l'intérieur, car nous nous sentons de gauche, car nous nous sentons au coeur de la gauche ( l'extrême gauche n'a de gauche que le nom).
Il s'agit de nous faire connaitre dans le PS, là où nous sommes nous arrivons à dédiaboliser notre libéralisme.
Qu'est-ce qu'être socialiste libéral ? C'est différent de libéral social ou de libéral. C'est proche de social-libéral, dont certains chez nous se réclament, sauf que c'est socialiste. C'est proche des autres partis réformistes de gauche européens, des sociétés d'Europe du Nord, parfois des travaillistes anglais. Ce blocage autour du mot libéralisme devra s'ouvrir. Son contenu lui est largement pratiqué au niveau local, alliant justice et efficacité. Au niveau national, dans les discours et les pratiques, il faut une rénovation, proche d'une révolution pour un parti comme le PS.
Texte contre l'antilibéralisme primaire : http://rfrn.over-blog.com/article-3594158.html
Ainsi, nous nous positionnons de manière critique sur le projet socialiste : en admettant une alliance éventuelle avec l'udf plutôt que forcément avec le PC, en étant sceptiques sur la renationalisation d'edf, en portant attention à la dette et à la crédibilité économique, sans dire n'importe quoi sur les retraites ou les 35h...
cf : Camarades, encore un effort ! http://rfrn.over-blog.com/categorie-816085.html
Ou encore le projet socialiste amendé par R2 http://rfrn.over-blog.com/article-3618257.html
Nous voulons :
-une politique concrète, de terrain, décentralisatrice et expérimentatrice présente sur tous les sujets
- une politique économique réaliste, qui ne renonce pas au marché et au capitalisme, créatrice de richesses et de justice
- sortir de la langue de bois et des consensus mous, pour un parti plus ouvert, moderne, riche en débats et qui sort des vieilles rhétoriques et des pratiques anciennes.
- ne plus abandonner des sujets qui concernent concrètement chacun( insécurité, travail) (ainsi, position de Bockel sur sécurité: http://rfrn.over-blog.com/article-3650060.html

Notre blog : http://rfrn.over-blog.com

Cordialement,
Réformisme et rénovation.

C Chartreux 13/02/2006 00:48

Si si moi je te réponds!

S Royal n' a JAMAIT "vanté le blairisme". Elle a affirmé, je cite "etre interessée par CERTAINES idées de Tony Blair".

Pas de quoi fouetter un chat!

Chris

nordine 06/02/2006 18:29

tien y'a personne qui y'a quelque chose a dire là nos socialo de service se sentte mal ou je me trompehahahahahahahahahahahah!!!