Montmirail : Quand Ségolène Royal dérape...

Publié le par YB

 

 L’affaire Montmirail reflète bien les obsessions de Ségolène Royal. Qu’est-ce qui motive chez elle un tel acharnement dans les affaires de mœurs et un tel mépris de la présomption d’innocence chaque fois que le mot « pédophilie » est prononcé ? Au lendemain de l'affaire Outreau, un sujet tout à fait d'actualité...(et une circulaire Royal toujours en vigueur) - La lettre incroyable de Ségolène en lien dans l'article ! (voir 1 et 2 )

 

 

"L'affaire n'est pas finie... L'enfant s'est peut être rétracté sous la pression des adultes, sous le poids d'un suicide..." 

Ségolène Royal, le 9 juillet 1997

 

  

    D’une simple phrase, Ségolène Royal salissait ainsi la mémoire d’un homme, celle de Bernard Hanse, un mois même après son suicide.  La famille Hanse ne se remettra jamais de cette phrase officielle. Bernard
, professeur d'EPS, n'avait pas supporté les accusations de pédophilie qui pesaient sur lui. Le 10 juin 1997, il se tirait une balle dans la tête.

 

    L'élève ne tarde pas à se rétracter. La justice reconnaîtra le mensonge de l’élève et l’innocence du professeur.


    Mais qu’importe la décision de la Justice pour Ségolène Royal, alors ministre déléguée de l’Enseignement scolaire. Pour elle, la parole de l’enfant est sacrée. Elle ne lâche pas prise et écrit à la famille une lettre glaciale, accusatrice et indécente, sans un mot de compassion pour elle.

 

     Alain, le frère de Bernard Hanse nous a contactés. Il souhaite témoigner.  Prenant l'ancienne ministre au mot : l"affaire n'est pas finie". Depuis, il se bat contre la circulaire Royal. Un texte arrivé un mois après l'affaire Montmirail, comme pour donner raison à l'Education nationale.

 


Royaldiffamation3
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Entretien avec Alain Hanse 

 

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     Pourriez-vous, en quelques mots, nous rappeler l’histoire ?

 

A la fin d’un cours d’EPS, un enfant turbulent, redoublant de 6ème, chahute dans le vestiaire, frappant des radiateurs pour faire du bruit. Mon frère intervient alors et met l’enfant manu militari en cours de récréation pour faire cesser le chahut. Le cours était terminé et l’élève n’avait plus rien à faire dans le vestiaire. Vexé, de retour chez lui, l’élève invente une histoire : il se dit victime d’attouchements de la part du prof de gym.

A l’époque, Ségolène Royal claironnait partout dans les médias la sacralité de la parole de l’enfant : " Eradiquons la pédophilie de l'Education nationale" disait-elle aussi, tout en truquant grossièrement les statistiques (1).

 

Chronologiquement, l’affaire a suivi ce battage médiatique de S. Royal, lors de son arrivée en juin 97 au ministère. Tout s’est alors emballé. Les parents de l’élève se sont plaints cinq jours plus tard. Mon frère a aussitôt demandé une confrontation avec les parents pour démystifier les accusations. La réunion était fixée au 10 juin mais les parents n’ont pu se déplacer. A défaut de confrontation, le principal a alors saisi la Justice.

 

L'élève consigne alors les accusations dans le bureau du principal qui seront faxées par celui-ci au Procureur. Mon frère comprend alors qu’il est socialement mort. Quatre heures plus tard, il s'achète un pistolet, laisse une lettre d'adieu et se tire une balle dans la tête en projetant sa voiture contre un arbre.

 

   TEXTE

    Circulaire n° 97-175 du 26 août 1997 

      Puis c'est la rétractation de l'enfant et sa mise en examen...

 

 
Oui, le 8 juillet 97, le Procureur de la République, suite aux auditions des témoins, aux investigations menées et aux mensonges en cascade de l’élève, met le mineur en examen pour dénonciation calomnieuse.
Pour nous , la famille, ses deux filles Céline et Julie, c'était un petit soulagement. Tous les médias s’étaient déplacés et parlaient de la " nouvelle affaire de pédophile dans la Marne ». Le Procureur, clairvoyant, avait tout de suite voulu faire taire les rumeurs, évitant l’amalgame avec des affaires réelles de pédophilie.
 
      C’est dans ce contexte qu’est intervenue Ségolène Royal ?

  

Oui, de la pire manière, le lendemain même. Outrepassant une élémentaire obligation de réserve et de pudeur dans une affaire dont elle n'était d’ailleurs ni le procureur ni l'avocate de l'enfant, S. Royal déclare à l’antenne et à une heure de grande écoute : "l'affaire n'est pas finie" et précise que "l'enfant s'est peut-être rétracté sous la pression des adultes, sous le poids d'un suicide, les reproches d'avoir parlé..."
Nous venions de perdre notre frère dans des conditions atroces. C'était pour nous un second coup de couteau dans le cœur ! Nous étions stupéfaits. Sans rien connaître du dossier, Ségolène Royal relançait la machine à rumeurs, incitant presque l’élève à revenir sur sa décision de dire la vérité.
 
      Comment avez-vous alors réagi ?

  

Nous avons adressé le 17 juillet 97 au ministre Royal une lettre ouverte où nous lui demandions de ne plus intervenir dans une affaire aussi délicate et dans laquelle elle ignorait tout. 
 
En réponse, S. Royal nous envoie alors une lettre incroyable, un véritable tissu de mensonges, salissant encore la mémoire de notre frère. Elle y disait notamment que de nombreux autres enfants avaient dû subir les attouchements de notre frère, que d'autres parents se plaignaient de lui, que le frère lui même de l'accusateur en d'autre temps avait eu à subir ses attouchements. Des propos déments, hallucinants. D'ailleurs tous rejetés par l’instruction. Interrogé, le frère en question a dit n’avoir jamais subi un quelconque geste déplacé, si ce n’est un coup de pied aux fesses "mérité" avait-il reconnu dans le dossier d’instruction. Royal tentait de relayer  les ragots colportés par la famille accusatrice qui essayait d 'inciter le grand frère à témoigner aussi contre Bernard. Lorsqu’un ministre participe ainsi à la curée contre  une famille en deuil, je crois que l'abjecte est un qualificatif bien faible. [Voir la lettre de Ségolène Royal 1ère page, 2ème page]

Cette circulaire a surtout blindé l'administration a posteriori dans le procès qui a suivi. Dès le départ nous avions dénoncé les disfonctionnements de l'administration que nous nous réservions le droit par la suite d'attaquer. Nous avions démontré à l’époque que la circulaire en vigueur dite "Bayrou" n’avait pas été respectée. Celle-ci ne prévoyait en effet de saisir la Justice qu’en cas de maltraitance manifeste. En revanche, s’il y avait des doutes, une enquête préalable était nécessaire (infirmière, assistante sociale, inspecteur…).
 
Dans l'affaire, il n'y a pas eu de maltraitance : tous les témoins ont confirmé que l'élève avait été sorti sans violence. Les confidences de l’élève réputé fabulateur ont été directement faxées au Procureur sans la moindre enquête préalable ! Il n'y a pas eu non plus confrontation.
 
Curieusement, la circulaire Royal est sortie un mois après l’affaire (4 septembre 1997). Elle reprenait d’ailleurs point par point ce qu’il s’était passé à Montmirail. Elle précise ainsi :" dès qu'un élève a confié à un membre de l'Education nationale des faits dont il affirme avoir été victime, il appartient à ce fonctionnaire d'aviser immédiatement et directement le procureur de la République, sous la forme écrite et transmise, si besoin est, par télécopie". Elle préconise aussi une suspension de l'enseignant pour préserver l'enquête (je dirais surtout bien alimenter la rumeur). Pensant que la circulaire était dangereuse dans son application, nous avions alerté les syndicats enseignants, en vain. Nous avions aussi et sans résultat également combattu la circulaire en Conseil d’Etat. Le balancier n’était pas alors en notre faveur. Au regard des errements actuels de la Justice, le regard va peut être changer aujourd'hui.
C'est bien Ségolène Royal qui a initié cette chasse aux sorcières aveugle.
 

      Quel regard portez vous sur la circulaire Alègre/Royal sur les violences sexuelles arrivée juste après l'affaire Montmirail ?

 

      Ségolène Royal vous a-t-elle contacté personnellement, vous ou l’un des membres de votre famille, autrement que par courrier ?

 

 
Nous avions sollicité d’elle un rendez-vous en septembre 97. Nous souhaitions lui expliquer par les lettres des enfants effondrés et les nombreux témoignages d'anciens élèves et  professeurs qui était réellement Bernard Hanse, ce fonctionnaire dont elle avait la charge. Ce rendez vous nous a été accordé au siège du ministère de L'Education nationale.

En arrivant, nous avons d’abord été prévenu que Mme Royal ne nous recevrait pas car des journalistes de France 3 - prévenus on ne sait comment - étaient sur le trottoir devant le siège du ministère. Cela indisposait notre ministre.

Nous avons alors été reçus par M. Hayat, son chef de cabinet et (ancien juge). Celui-ci nous a clairement fait comprendre qu’entre un enfant victime et un adulte accusé même à tort il n'y avait pas photo. Et si 1 enfant peut être préservé au prix de 9 enseignants accusés à tort, l'objectif est rempli ! Une bien étrange conception de la Justice que celle qui place la parole de l'enfant au dessus de la présomption d'innocence ! Il nous a ensuite tenu des propos délirants sur la pédophilie.  
 
      Lorsque la reconnaissance par la justice de l’innocence de votre frère a été établie, Ségolène Royal a-t-elle reconnu s'être trompée ?

 

 
Jamais. Nous avions tenu à lui envoyer une lettre, lui expliquant que l’affaire était finie et lui rappelant aussi ses propos : "l'affaire n'est pas finie". Nous n'avons eu aucune réponse !
 
      Pour vous Ségolène Royal a menti à plusieurs reprises. Quels ont été ces mensonges ?

 


Elle a dérapé plusieurs fois et de façon scandaleuse. Elle a mis d’abord en doute
publiquement et par voie de presse la justesse de la mise en examen du mineur pour dénonciation calomnieuse. Second dérapage : elle nous rapporte, un mois après le suicide de notre frère que celui-ci avait eu des attouchements sur le grand frère et de nombreux autres enfants. Autant d’accusations démontrées fausses et calomnieuses par l' instruction. S. Royal ment encore dans l’Evénement du Jeudi, disant n'avoir jamais reçu notre première lettre du 18 juin 97 refaxée le 19 (aux deux ministres Alègre et Royal). L’EDJ citait les accusés réception donnant tort à Ségolène Royal. (voir article de l'EDJ)
 
Ce sujet est toujours très douloureux à évoquer pour notre famille. Suite à une question orale à l'Assemblée, le ministre délégué aux affaires scolaires Xavier Darcos réhabilite officiellement Bernard (4 mars 2003). S. Royal  l'instigatrice de cette chasse aux sorcières a tenté jusqu'au bout de faire basculer l’histoire dans une affaire de pédophilie. Nous nous sommes  défendus avec acharnement et avons eu la chance d'avoir un Procureur à la hauteur. Dans cette chasse aux sorcières aveugle, la raison l'a finalement emporté, contrairement à l'affaire Outreau... 
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(1) Les chiffres de S. Royal. En préambule de sa circulaire  S. Royal affirme que l'agresseur sexuel est « dans 10% des cas, une personne ayant autorité sur le mineur, tel qu'un enseignant ou un éducateur ».

Le chiffre est totalement faux et exagéré. Les observations de l'ODAS (Observatoire national de l’action sociale, à Paris) montraient en effet que, sur 65.000 enfants en danger en France au cours de l'année 1995, les auteurs de sévices (violences physiques, abus sexuels, négligences lourdes et cruauté mentale) étaient essentiellement de la proche famille (ODAS, 1996,2001). Les professionnels, eux  (Enseignant, magistrat, médecin, psychologue… ne représentaient que 2,58% de l’ensemble.

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 Pour en savoir plus : 

 

     L’association Jamac
Objet : « œuvrer à l’établissement de procédures ayant le double souci de la protection de l’enfant et du respect de la présomption d’innocence en cas d’accusation de violences sexuelles dans l’Education Nationale ».
     Intervention du docteur Paul Bensussan, psychiatre, expert auprès des tribunaux : « en matière d’allégation d’abus sexuel, quel poids doit-on donner à la parole des enfants  ? 
      Entretien (Le Figaro) avec Florence Rault, avocate et auteur de La Dictature de l'émo­tion : "on est  entré dans l'ère du soupçon".
     
Site de la famille Hanse
      Courriers: la lettre d'adieu une lettre d'adieu  de Bernard Hanse.
Lettre ouverte 
lettre ouverte du 17 juillet 97 au ministre Royal
La lettre de Ségolène Royal  voir 1ère page et 2ème page 

 

A LIRE
 
     L’école du soupçon, les dérives de la lutte contre la pédophilie par Marie Monique Robin
Après avoir toujours nié l’existence d’abuseurs sexuels dans ses rangs, l’Éducation nationale a opéré une volte-face au milieu des années 1990 : grâce aux militants de la protection de l’enfance, la pédophilie a enfin été dénoncée et poursuivie. Mais, sous l’effet de la pression médiatique, cette salutaire prise de conscience a conduit l’État à adopter un dispositif de contrôle inadapté, qui mine en profondeur l’ensemble du corps enseignant et menace à terme l’équilibre des enfants. 

     La dictature de l'émotion par Paul Bensussan et Florence Rault (Belfond - 2002)
Ce livre regoupe un certain nombre de réflexions, tirées de l'expérience de deux professionnels, confrontés quotidiennement à la répression des abus sexuels sur mineurs. Ils y dénoncent certaines dérives du système judiciaire, qui au nom du principe de précaution porte dangereusement atteinte au principe d'innocence.
 

Publié dans Interviewes

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leguetteur 21/08/2008 22:18

Etant, plutôt de gauche je suis écoeuré par Mme Ségolène Royal. On revient au temps de Robespierre décliné au féminin. Navrant.. "Faut-il pleurer faut-t-il en rire, fait-elle envie ou bien pitié je n'ai pas le coeur à le dire" devant tant de médiocrité..

Joset C 29/03/2008 09:57

faut pas pousser bobonne, l'exagération n'est pas la solution, qd on voit le pape qui ferme sa gueule face au pédophile du clergé on est content de voir une femme qui ose l'ouvrir....
j'hallucine

YB 30/04/2008 23:40


Je pense que tu n'as tout simplement pas lu l'article.


ROUGET 26/03/2007 11:54

Enseignante à Romainville 93230 : 42 ans

J'ai qu'un seul mot à la bouche: SCANDALEUX, LAMENTABLE vos propositions sur le drapeau: Je pensais que vous étiez un espoir mais vous êtes comme les autres de droites. Nous voulons qu'une seule chose du SOCIALE encore du SOCIALE toujours du SOCIALE.

Michel 24/03/2007 16:25

Les français vivant à l'étranger.
Depuis la dernière élection présidentielle de 2002, inqualifiable, j'ai décidé que je ne voterai plus en France pour quoi que ce soit. En effet en y réfléchissant, pourquoi je devrais m'immiscer dans les affaires d'un pays où je n'y vis plus depuis des décennies ? Et en poussant plus loin ma réflexion, cela devrait être une règle générale qui s'applique à tous les résidants français permanents à l'étranger.

Néanmoins cela n'empêche pas de penser. Ce triste spectacle qui revient maintenant tous les 5 ans sans apporter aucunes évolutions et adaptations en fonction de la marche du monde.
On a toujours à faire à une classe politique, de tous bords, essayant de ratisser les voix avec les mêmes slogans pour certains datant de l'époque Zola, pour d'autre s'adaptant à ce que la foule veut entendre et pour les reste, on se demande qu'est-ce qu'ils cherchent ou espère. Evidemment un ou deux candidats ont des traits de lumière en tenant un discours de notre temps mais hélas ils sont qualifiés de 1% au plus dans les sondages…
Pour Ségolène, sa candidature relève du phénomène sans parler de son discours. On peut la comparer avec Arlette. Quand un journaliste ou autre lui pose une question, pour toute réponse elle met en marche son magnétophone interne et on a droit à un long monologue sans fin qui ne répond en aucun cas à la question. Tout comme Arlette qui répète le même discours depuis qu'elle se présente aux élections présidentielles avec la différence que je la trouve sincère dans son propos.
Je passe sur l'attitude de Ségolène qui est autoritaire, n'aime pas que l'on suive un autre chemin qu'elle, mais cela cadre assez bien dans un pays ou la démocratie reste un mot creux. Les éléphants qui rampent à ses pieds n'auront qu'à bien se tenir si elle est élue. Mais que ne feraient-il pas pour continuer à sévir en politique.
Comment peut-elle parler de renouveau avec une équipe de dinosaures qui a fait ses preuves dans le passé ? Même Chevènnement se met sur les rangs…

xav 18/03/2007 19:29

elle incarne vraiment la gauche qui ment et ne résoud rien, pas encore élu, elle crame déjà du pognon en allant passer pour une truffe en chine, en israel... elle promet du pognon pour tous, du travail, de l'immigration supplémentaire.. et qui va payer tout ça, encore le français moyen qui bosse et se serre la ceinture pour les autres et les choix politique de gens qui n'ont pas le sens de la réalité