La Lettre d’adieu de Bernard Hanse

Publié le

Document annexe à l'article "Quand Ségolène Royal dérape..."

lettre d'adieu de Bernard Hanse :

Gisèle, C’est comme un coup de massue cette annonce de Monsieur Pillet (1) faite ce matin. Pour tomber de haut, je tombe de haut.

Caresser  X , des témoins nous ont vus. La vie nous réserve de sacrées surprises;Depuis cette annonce de M. Pillet , il ne s’est pas passé une minute sans que je repense à cela .Les parents d’ élèves sont dans le coup. Les parents ont dus ameuter tout le monde.

Je pouvais m’attendre à n’importe quoi ,ou même l’avoir  frappé. Je l’ ai sorti manu militari du gymnase il y a une quinzaine de jours. Le caresser la fabulation est à son comble. C’est tellement énorme que l’ envie de rire me viendrait presque si toute cette machination ne visait pas ma  personne. Cette tête à claque qui fait n’importe quoi  chaque fois que je le vois avec son prof , caquette sur la tête ,pas de tenue de sport, etc.

 

 

 

Enfin là, dans l’ atmosphère de pédophilie ambiante qui règne en ce moment, il ne pouvait rien m’ arriver de mieux.

 

En plus ce qui est marrant, c’est que tout le monde a l’air au courant, je suis certain que je l’ ai appris le dernier. Le regard de Françoise, qui d’ordinaire ne regarde personne dans les yeux ,à plusieurs reprises, ce faux pas de Jacques me demandant si  j’ avais fait ma demande de mutation ; cet "au revoir Bernard" de Michèle -au revoir « Bernard » alors que d’ ordinaire elle murmure une formule moins personnelle .A moins que je fabule aussi .Mais j’ en doute . Marc, bien sûr, est au courant mais il est sobre et attend peut être que je lui parle de cette histoire, mais quelle histoire .Que dire , les gens ont toujours des doutes. Comme par hasard en tant que juré cet hiver , j’ai dû me prononcer sur ces malades. Je me souviens même la plaidoirie de Me Shemla, le défenseur d’ un pédophile , disant aux jurés : « Méfiez vous ,je ne serais pas fier si   j’ étais enseignant , je ne passerais pas trop près des douches , car ça va vite les racontars ». Il ne pouvait  pas si bien dire .

 

Tout se brise en moi. Je ne  peux plus vivre, ce n’ est plus vivable .Après ,expliquer ou se justifier . Les doutes. Les commérages .Les allusions .

 

Pauvre père Pillet (1), il a tout eu cette année. Des vandales, des exclusions et maintenant cette affaire, on peut dire aussi qu’il a tout raté. Quel tact pour présenter l’ affaire.   « Des parents se plaignent de vos agissements à l’ encontre de leurs enfants ». Cette phrase résonne toujours en moi et cela ne peut plus durer .C’ est égoïste le suicide ,mais quand le monde n’ est plus vivable ,je le vois comme seule solution .Digne .Je ne vais pas me débattre ou  me battre  tellement ça me paraît dérisoire et sordide .Et Gisèle et les filles, quel coup. Comment vont–elles s’en sortir et juste avant leurs examens. Oui je pense à vous,  rien qu’à vous, et vous pouvez me croire , ma conscience est tranquille ;mais que quel qu’ un puisse penser que je puisse faire pareille chose m’ est insupportable .  

 

Vous que j’ aime pardessus tout, Gisèle , Céline ,Julie ,je n’ ai jamais su vous le dire ,j’ étais toujours grincheux ,exigeant .Il faudra être fort ,surmonter et vivre .Changer d’ air serait le mieux .(…) Et mes pauvres parents , quelle épreuve à leur âge .

Il est temps de se taire maintenant .

Vous que j’ aime. Bernard.

Ni couronnes , ni fleurs , ni représentants des profs et de l’ administration ,ni office religieux mais crémation. Cendres jetées près de mes abeilles .

(1) Ex Principal du collège de Montmirailaujourd’hui principal au collège de Bazancourt (marne). 

Publié dans Ségo news

Commenter cet article