La croisade anti-string ménée par Ségolène résume bien ses positions féministes d'arrière-garde. Ségolène a assurément beaucoup plus d'affinités idéologiques avec les puritaines "Chiennes de garde" ou "la Meute" que les "Ni putes, ni soumises" par exemple. Comme elles, elle rêve d'un nouvel ordre moral "féministe".
A l'image des intégristes, Ségolène voit du sexe partout. La plus anodine des pubs de couche culotte est pour elle une incitation insuportable à la pédophilie. En 2003, Ségolène prend à parti le Bureau de la Vérification de la Publicité (BVP) pour interdire les affiches de la marque Triumph (Sloggi) montrant de jeunes femmes en string. Elle invoquait alors l' "atteinte à l'intimité des femmes", l' "atteinte à la protection de l'enfance"... Les affiches sont retirées et les enfants qui - c'est bien connu n'ont jamais vu une paire de fesses sur une plage - échappent au traumatisme. La meute cesse d'aboyer et Ségolène qui a failli s'étrangler avec un bout de ficelle, respire enfin.
Mais la militante rose continue à voir rouge, partout : à la TV, dans les mangas... pourchassant le sexe, infatigable, en véritable police religieuse. Avec une vision très séparatiste des sexes, Ségolène Royal défend la femme, éternellement enfermée dans son rôle de victime. Elle défend aussi avec passion la famille traditionnelle.
Mais là, s'arrête son combat féministe.
Que les filles des quartiers se fassent traiter de "salopes" parce qu'elles s'habillent simplement en fille, rejettant le jogging informe ou le voile, elle s'en soucie peu. Que les machos aient investi tout l'espace des cités, que la mixité ait quasiment disparue des lieux... ce n'est pas son cheval de bataille ! D'ailleurs, elle donnerait meme du grain à moudre aux intégristes de tout poil. On lui doit ainsi de petites phrases comme : "Aux yeux des garçons, le string réduit les jeunes filles à leur postérieur (...) Après, on s'étonne que les adolescentes soient victimes d'attouchements ou de violences sexuelles..." Tout est dit.
De toute façon, les cités, même en talons, elle préfère ne pas y foutre les pieds. C'est beaucoup plus rigolo de s'égosiller contre les propos machos de quelques ringards mysogynes de l'Assemblée. Ca fait parler de soi et ça évite de parler de politique.
Alors, Ségolène, défend-t-elle vraiment la cause des femmes ?
YB
Tout un programme ! Parce que le PS, une fois de plus, n'a pu présenter un vrai projet politique de gauche, le seul moyen de ne pas revivre la déconfiture lamentable de 2002, (pense-t-il), est de présenter une femme. Argument imparable de son positionnement à gauche. Un peu court, non ?
Qu'importe alors que Ségolène soit l'incarnation du socialisme bobo dans toute sa splendeur. On votera Ségolène parce qu'elle est FEMME, comme on votera Delanoë parce qu'il est homo. Tous deux partageant d'ailleurs cette même suffisance, ce même souverain mépris à l'égard des contradicteurs, des médias, du petit peuple... Finalement, ce n'est pas compliqué un programme politique !
Dès lors, l'argument est tout trouvé : tout opposant à Ségolène sera immédiatement taxé de "macho". C'est simple et puis ça évite de devoir argumenter. D'autant plus utile que Ségolène, assez percutante dans ses interventions de 30 secondes, perd toute crédibilité au delà de dix minutes. Tenir la route jusqu'en 2007, ça va être dur...! YB
Féministe, Ségolène Royal ? La candidate sait en tout cas faire taire des femmes, si elles choquent l'idée qu’elle se fait de leur émancipation. L'exemple des prostituées Ségolène Royal n’a pas besoin de rencontrer des prostituées pour parler d’elles et en leur nom. C'est sans doute ça, la "participation citoyenne" (sa dernière tarte à la crème). C’est aussi quelquefois sa façon de défendre les femmes.
Pour Ségolène, comme pour toutes les « abolitionnistes », les prostituées sont des victimes une fois pour toute. A quoi bon les écouter, puisqu'elles sont manipulées et ne savent pas ce qu'elles disent ? Pour Ségolène Royal "la prostitution est l'esclavage" (Paris-Match du 22 septembre 2005). Plus de discussion possible. Ou l'on prend le risque d'être aussitôt taxé d'esclavagiste ou de pervers. En mai 2000, lors du grand show abolitionniste de l'Unesco à Paris, une cinquantaine de prostituées et de membres d'associations tels le Bus des femmes, le PASTT, Rubis, Cabiria... se pressaient aux portes du colloque pour dire leur désaccord. L’intitulé même du colloque auquel participait Sylviane Agacinski, philosophe (et femme de Lionel Jospin) avait de quoi choquer : " Peuple de l’abîme, la prostitution aujourd’hui " (oui, l’enfer n’est pas loin !.
Là encore, personne n’a voulu entendre ces prostituées. Sur la question de la prostitution, Ségolène, abolitionniste convaincue, conserve une rigidité aveugle. Celle même dénoncée par Elisabeth Badinter : " La conviction inébranlable des abolitionnistes radicales s'appuie sur une conception évolutive et normative de la sexualité" (31 juillet 2002 - Le Monde).
Pourtant, « l’expérience suédoise n’est pas très concluante » selon les mots même de Nicolas Sarkozy, qui partage avec elle ce même penchant répressif : Tous deux étant favorables à la pénalisation du client. La Suède, en effet - à l’exact opposé des Pays bas - a interdit la prostitution. Les résultats ne sont guère concluants : les lieux se sont déplacés, la lutte contre les réseaux s’est avérée inefficace et la protection des personnes n’a pas été davantage garantie.
Pour Ségolène Royal, aveuglée par ses principes et sa vision figée de l'émancipation de la femme, tout échange sexuel à caractère onéreux s’apparente nécessairement à l’exploitation, à l’esclavage. Une façon radicale de court-circuiter le débat et de nier l’existence – certes très dérangeante pour certaines féministes radicales comme les Chiennes de garde – de femmes (minoritaires sans doute et également de nombreux hommes) qui ont fait ce choix.
L’immoralité réside bien plus dans l’absence totale de protection juridique de ces prostituées, raquettées par le fisc, par la police (jusqu’à 900 euros d’amende) et sans aucune contrepartie de la part de l’Etat, devenu "maquereau" (pas d’assurance accident du travail, de retraite, d’allocations chômage…). S'il est nécessaire de démanteler le réseaux de prostitution (plutot que de faire la chasse aux prostituées, encore stigmatisé(e)s, privé(e)s de leurs droits sociaux et juridiques les plus élémentaires par la Loi de sécurité intérieure des délinquant(e)s, oeuvre de Nicolas Sarkozy), il est aussi important de respecter le choix de celle qui choisissent de rester dans la prostitution.
Entre l'abolitionnisme et le réglementarisme des maisons closes proposé par Françoise de Panafieu, une autre voie est possible : celle de la reconnaissance du métier de prostituée et de son libre exercice. « Le seul moyen de mettre fin à l'exclusion dont sont victimes les prostitué(e)s est d'octroyer à la prostitution le caractère de profession à part entière » écrit Daniel Borrillo, juriste, maître de conférences à l'université de Paris-X et chercheur associé au CNRS. Il est temps de sortir enfin de cette hypocrisie qui nous fait interdire la prostitution par le biais du racolage, sans pour autant la déclarer illégale. YB
Débat à l'assemblée sur la pénalisation des clients (Ségolène cite l'exemple de la Suède. Rejointe par Christine Boutin qi plus fort, propose d'imposer aux clients un "traitement médical ou pschologique").
Prostitution : la double peine (Prochoix) Faut-il ou non accorder un statut aux prosituées ?
Le point de vue du bus des femmes Entretien avec l'une des responsables de l'association, Claude Boucher.
L'association lyonnaise Cabiria
Parole de pute. La pénalisation fait crever.
