Ségolène Royal concède des penchants blairistes (AP)
PARIS (AP) -- Se démarquant des autres ténors du PS plus mesurés sur l'action de Tony Blair, Ségolène Royal regrette jeudi dans le "Financial Times" que le Premier ministre britannique ait été "caricaturé" et concède son "adhésion à certaines de ses idées".
"Je pense que Tony Blair a été caricaturé en France. Ca ne me dérange pas d'afficher mon adhésion à certaines de ses idées", explique-t-elle dans le quotidien britannique.
Au risque de faire grincer des dents au parti socialiste, où l'on regarde avec distance le bilan de Tony Blair, la probable candidate à la candidature du PS pour 2007 souligne qu"'il a réinvesti dans les services publics. Sur le chômage des jeunes, il a obtenu de vrais succès en alliant plus de flexibilité et plus de sécurité".
Pas question pour autant de soutenir le contrat première embauche, CDI pour les moins de 26 ans assorti d'une période de consolidation de deux ans, durant laquelle le salarié pourra être licencié à tout moment. "C'est mauvais. Cela blesse les jeunes et leur adresse un mauvais message en dévaluant le travail", déplore-t-elle, alors que le CPE est en cours d'examen à l'Assemblée.
"Les jeunes diplômés sont mieux traités en Grande-Bretagne qu'en France, donc ce n'est pas uniquement pour des raisons fiscales que tant de jeunes quittent la France pour aller travailler dans la City de Londres", analyse-t-elle. Et d'ajouter: "nous ne devons être bloqués sur aucun sujet, comme les 35 heures par exemple".
Questionnée sur sa relation avec son compagnon François Hollande, autre présidentiable putatif du PS, Ségolène Royal précise qu'ils décideront "ensemble, en couple", en septembre prochain, qui des deux concourra à l'investiture du PS. C'est en novembre que les militants socialistes doivent choisir leur candidat pour 2007. Quant à épouser le Premier secrétaire du PS, "si on se mariait maintenant, tout le monde dirait que c'est une manipulation", tranche-t-elle.
En tête des sondages, la présidente de la région Poitou-Charentes s'est de nouveau distinguée cette semaine. Mardi, elle a été consacrée "révélation politique" de l'année 2005 par le "Prix du Trombinoscope". De plus, selon une enquête Ifop, elle ferait une meilleure candidate pour représenter le PS en 2007 que Lionel Jospin pour 57% des Français. "Les sondages d'opinion ne font pas une élection", tempère-t-elle dans le "Financial Times".
Des résultats également relativisés par Lionel Jospin jeudi dans "La Provence". L'ancien Premier ministre estime dans un entretien qu'aucun des présidentiables du PS ne sort encore du lot. "S'il y a plusieurs personnalités actuellement en lice, cela illustre la richesse du parti socialiste, même s'il est vrai qu'aucune d'entre elles ne s'est encore imposée", juge-t-il. Quant à son retour en politique, il reste une fois de plus énigmatique: "Il y a une vie après le pouvoir! Cela dit, toute phrase est riche en virtualités". AP