Prédicatrice PS

Prêche du Zénith (27 sept. 2008)

Soeur Ségolène sur France Inter

Ségolène Royal, mère supérieure
dans un car de presse

Interviewes

 

 L’affaire Montmirail reflète bien les obsessions de Ségolène Royal. Qu’est-ce qui motive chez elle un tel acharnement dans les affaires de mœurs et un tel mépris de la présomption d’innocence chaque fois que le mot « pédophilie » est prononcé ? Au lendemain de l'affaire Outreau, un sujet tout à fait d'actualité...(et une circulaire Royal toujours en vigueur) - La lettre incroyable de Ségolène en lien dans l'article ! (voir 1 et 2 )

 

 

"L'affaire n'est pas finie... L'enfant s'est peut être rétracté sous la pression des adultes, sous le poids d'un suicide..." 

Ségolène Royal, le 9 juillet 1997

 

  

    D’une simple phrase, Ségolène Royal salissait ainsi la mémoire d’un homme, celle de Bernard Hanse, un mois même après son suicide.  La famille Hanse ne se remettra jamais de cette phrase officielle. Bernard
, professeur d'EPS, n'avait pas supporté les accusations de pédophilie qui pesaient sur lui. Le 10 juin 1997, il se tirait une balle dans la tête.

 

    L'élève ne tarde pas à se rétracter. La justice reconnaîtra le mensonge de l’élève et l’innocence du professeur.


    Mais qu’importe la décision de la Justice pour Ségolène Royal, alors ministre déléguée de l’Enseignement scolaire. Pour elle, la parole de l’enfant est sacrée. Elle ne lâche pas prise et écrit à la famille une lettre glaciale, accusatrice et indécente, sans un mot de compassion pour elle.

 

     Alain, le frère de Bernard Hanse nous a contactés. Il souhaite témoigner.  Prenant l'ancienne ministre au mot : l"affaire n'est pas finie". Depuis, il se bat contre la circulaire Royal. Un texte arrivé un mois après l'affaire Montmirail, comme pour donner raison à l'Education nationale.

 


Royaldiffamation3
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Entretien avec Alain Hanse 

 

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     Pourriez-vous, en quelques mots, nous rappeler l’histoire ?

 

A la fin d’un cours d’EPS, un enfant turbulent, redoublant de 6ème, chahute dans le vestiaire, frappant des radiateurs pour faire du bruit. Mon frère intervient alors et met l’enfant manu militari en cours de récréation pour faire cesser le chahut. Le cours était terminé et l’élève n’avait plus rien à faire dans le vestiaire. Vexé, de retour chez lui, l’élève invente une histoire : il se dit victime d’attouchements de la part du prof de gym.

A l’époque, Ségolène Royal claironnait partout dans les médias la sacralité de la parole de l’enfant : " Eradiquons la pédophilie de l'Education nationale" disait-elle aussi, tout en truquant grossièrement les statistiques (1).

 

Chronologiquement, l’affaire a suivi ce battage médiatique de S. Royal, lors de son arrivée en juin 97 au ministère. Tout s’est alors emballé. Les parents de l’élève se sont plaints cinq jours plus tard. Mon frère a aussitôt demandé une confrontation avec les parents pour démystifier les accusations. La réunion était fixée au 10 juin mais les parents n’ont pu se déplacer. A défaut de confrontation, le principal a alors saisi la Justice.

 

L'élève consigne alors les accusations dans le bureau du principal qui seront faxées par celui-ci au Procureur. Mon frère comprend alors qu’il est socialement mort. Quatre heures plus tard, il s'achète un pistolet, laisse une lettre d'adieu et se tire une balle dans la tête en projetant sa voiture contre un arbre.

 

   TEXTE

     Circulaire n° 97-175 du 26 août 1997 

      Puis c'est la rétractation de l'enfant et sa mise en examen...

 

 
Oui, le 8 juillet 97, le Procureur de la République, suite aux auditions des témoins, aux investigations menées et aux mensonges en cascade de l’élève, met le mineur en examen pour dénonciation calomnieuse.
Pour nous , la famille, ses deux filles Céline et Julie, c'était un petit soulagement. Tous les médias s’étaient déplacés et parlaient de la " nouvelle affaire de pédophile dans la Marne ». Le Procureur, clairvoyant, avait tout de suite voulu faire taire les rumeurs, évitant l’amalgame avec des affaires réelles de pédophilie.
 
      C’est dans ce contexte qu’est intervenue Ségolène Royal ?

  

Oui, de la pire manière, le lendemain même. Outrepassant une élémentaire obligation de réserve et de pudeur dans une affaire dont elle n'était d’ailleurs ni le procureur ni l'avocate de l'enfant, S. Royal déclare à l’antenne et à une heure de grande écoute : "l'affaire n'est pas finie" et précise que "l'enfant s'est peut-être rétracté sous la pression des adultes, sous le poids d'un suicide, les reproches d'avoir parlé..."
Nous venions de perdre notre frère dans des conditions atroces. C'était pour nous un second coup de couteau dans le cœur ! Nous étions stupéfaits. Sans rien connaître du dossier, Ségolène Royal relançait la machine à rumeurs, incitant presque l’élève à revenir sur sa décision de dire la vérité.
 
      Comment avez-vous alors réagi ?

  

Nous avons adressé le 17 juillet 97 au ministre Royal une lettre ouverte où nous lui demandions de ne plus intervenir dans une affaire aussi délicate et dans laquelle elle ignorait tout. 
 
En réponse, S. Royal nous envoie alors une lettre incroyable, un véritable tissu de mensonges, salissant encore la mémoire de notre frère. Elle y disait notamment que de nombreux autres enfants avaient dû subir les attouchements de notre frère, que d'autres parents se plaignaient de lui, que le frère lui même de l'accusateur en d'autre temps avait eu à subir ses attouchements. Des propos déments, hallucinants. D'ailleurs tous rejetés par l’instruction. Interrogé, le frère en question a dit n’avoir jamais subi un quelconque geste déplacé, si ce n’est un coup de pied aux fesses "mérité" avait-il reconnu dans le dossier d’instruction. Royal tentait de relayer  les ragots colportés par la famille accusatrice qui essayait d 'inciter le grand frère à témoigner aussi contre Bernard. Lorsqu’un ministre participe ainsi à la curée contre  une famille en deuil, je crois que l'abjecte est un qualificatif bien faible. [Voir la lettre de Ségolène Royal 1ère page, 2ème page]

Cette circulaire a surtout blindé l'administration a posteriori dans le procès qui a suivi. Dès le départ nous avions dénoncé les disfonctionnements de l'administration que nous nous réservions le droit par la suite d'attaquer. Nous avions démontré à l’époque que la circulaire en vigueur dite "Bayrou" n’avait pas été respectée. Celle-ci ne prévoyait en effet de saisir la Justice qu’en cas de maltraitance manifeste. En revanche, s’il y avait des doutes, une enquête préalable était nécessaire (infirmière, assistante sociale, inspecteur…).
 
Dans l'affaire, il n'y a pas eu de maltraitance : tous les témoins ont confirmé que l'élève avait été sorti sans violence. Les confidences de l’élève réputé fabulateur ont été directement faxées au Procureur sans la moindre enquête préalable ! Il n'y a pas eu non plus confrontation.
 
Curieusement, la circulaire Royal est sortie un mois après l’affaire (4 septembre 1997). Elle reprenait d’ailleurs point par point ce qu’il s’était passé à Montmirail. Elle précise ainsi :" dès qu'un élève a confié à un membre de l'Education nationale des faits dont il affirme avoir été victime, il appartient à ce fonctionnaire d'aviser immédiatement et directement le procureur de la République, sous la forme écrite et transmise, si besoin est, par télécopie". Elle préconise aussi une suspension de l'enseignant pour préserver l'enquête (je dirais surtout bien alimenter la rumeur). Pensant que la circulaire était dangereuse dans son application, nous avions alerté les syndicats enseignants, en vain. Nous avions aussi et sans résultat également combattu la circulaire en Conseil d’Etat. Le balancier n’était pas alors en notre faveur. Au regard des errements actuels de la Justice, le regard va peut être changer aujourd'hui.
C'est bien Ségolène Royal qui a initié cette chasse aux sorcières aveugle.
 

      Quel regard portez vous sur la circulaire Alègre/Royal sur les violences sexuelles arrivée juste après l'affaire Montmirail ?

 

      Ségolène Royal vous a-t-elle contacté personnellement, vous ou l’un des membres de votre famille, autrement que par courrier ?

 

 
Nous avions sollicité d’elle un rendez-vous en septembre 97. Nous souhaitions lui expliquer par les lettres des enfants effondrés et les nombreux témoignages d'anciens élèves et  professeurs qui était réellement Bernard Hanse, ce fonctionnaire dont elle avait la charge. Ce rendez vous nous a été accordé au siège du ministère de L'Education nationale.

En arrivant, nous avons d’abord été prévenu que Mme Royal ne nous recevrait pas car des journalistes de France 3 - prévenus on ne sait comment - étaient sur le trottoir devant le siège du ministère. Cela indisposait notre ministre.

Nous avons alors été reçus par M. Hayat, son chef de cabinet et (ancien juge). Celui-ci nous a clairement fait comprendre qu’entre un enfant victime et un adulte accusé même à tort il n'y avait pas photo. Et si 1 enfant peut être préservé au prix de 9 enseignants accusés à tort, l'objectif est rempli ! Une bien étrange conception de la Justice que celle qui place la parole de l'enfant au dessus de la présomption d'innocence ! Il nous a ensuite tenu des propos délirants sur la pédophilie.  
 
      Lorsque la reconnaissance par la justice de l’innocence de votre frère a été établie, Ségolène Royal a-t-elle reconnu s'être trompée ?

 

 
Jamais. Nous avions tenu à lui envoyer une lettre, lui expliquant que l’affaire était finie et lui rappelant aussi ses propos : "l'affaire n'est pas finie". Nous n'avons eu aucune réponse !
 
      Pour vous Ségolène Royal a menti à plusieurs reprises. Quels ont été ces mensonges ?

 


Elle a dérapé plusieurs fois et de façon scandaleuse. Elle a mis d’abord en doute
publiquement et par voie de presse la justesse de la mise en examen du mineur pour dénonciation calomnieuse. Second dérapage : elle nous rapporte, un mois après le suicide de notre frère que celui-ci avait eu des attouchements sur le grand frère et de nombreux autres enfants. Autant d’accusations démontrées fausses et calomnieuses par l' instruction. S. Royal ment encore dans l’Evénement du Jeudi, disant n'avoir jamais reçu notre première lettre du 18 juin 97 refaxée le 19 (aux deux ministres Alègre et Royal). L’EDJ citait les accusés réception donnant tort à Ségolène Royal. (voir article de l'EDJ)
 
Ce sujet est toujours très douloureux à évoquer pour notre famille. Suite à une question orale à l'Assemblée, le ministre délégué aux affaires scolaires Xavier Darcos réhabilite officiellement Bernard (4 mars 2003). S. Royal  l'instigatrice de cette chasse aux sorcières a tenté jusqu'au bout de faire basculer l’histoire dans une affaire de pédophilie. Nous nous sommes  défendus avec acharnement et avons eu la chance d'avoir un Procureur à la hauteur. Dans cette chasse aux sorcières aveugle, la raison l'a finalement emporté, contrairement à l'affaire Outreau... 
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(1) Les chiffres de S. Royal. En préambule de sa circulaire  S. Royal affirme que l'agresseur sexuel est « dans 10% des cas, une personne ayant autorité sur le mineur, tel qu'un enseignant ou un éducateur ».

Le chiffre est totalement faux et exagéré. Les observations de l'ODAS (Observatoire national de l’action sociale, à Paris) montraient en effet que, sur 65.000 enfants en danger en France au cours de l'année 1995, les auteurs de sévices (violences physiques, abus sexuels, négligences lourdes et cruauté mentale) étaient essentiellement de la proche famille (ODAS, 1996,2001). Les professionnels, eux  (Enseignant, magistrat, médecin, psychologue… ne représentaient que 2,58% de l’ensemble.

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 Pour en savoir plus : 

 

     L’association Jamac
Objet : « œuvrer à l’établissement de procédures ayant le double souci de la protection de l’enfant et du respect de la présomption d’innocence en cas d’accusation de violences sexuelles dans l’Education Nationale ».
     Intervention du docteur Paul Bensussan, psychiatre, expert auprès des tribunaux : « en matière d’allégation d’abus sexuel, quel poids doit-on donner à la parole des enfants  ? 
      Entretien (Le Figaro) avec Florence Rault, avocate et auteur de La Dictature de l'émo­tion : "on est  entré dans l'ère du soupçon".
     
Site de la famille Hanse
      Courriers: la lettre d'adieu une lettre d'adieu  de Bernard Hanse.
Lettre ouverte 
lettre ouverte du 17 juillet 97 au ministre Royal
La lettre de Ségolène Royal  voir 1ère page et 2ème page 

 

A LIRE
 
     L’école du soupçon, les dérives de la lutte contre la pédophilie par Marie Monique Robin
Après avoir toujours nié l’existence d’abuseurs sexuels dans ses rangs, l’Éducation nationale a opéré une volte-face au milieu des années 1990 : grâce aux militants de la protection de l’enfance, la pédophilie a enfin été dénoncée et poursuivie. Mais, sous l’effet de la pression médiatique, cette salutaire prise de conscience a conduit l’État à adopter un dispositif de contrôle inadapté, qui mine en profondeur l’ensemble du corps enseignant et menace à terme l’équilibre des enfants. 

     La dictature de l'émotion par Paul Bensussan et Florence Rault (Belfond - 2002)
Ce livre regoupe un certain nombre de réflexions, tirées de l'expérience de deux professionnels, confrontés quotidiennement à la répression des abus sexuels sur mineurs. Ils y dénoncent certaines dérives du système judiciaire, qui au nom du principe de précaution porte dangereusement atteinte au principe d'innocence.
 
Mercredi 15 février 2006

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Daniel Bernard, journaliste à Marianne et auteur de "Madame Royal" répond aux questions des internautes sur le forum du Nouvel Obs. (17/01/2006)  -  Extraits

Si vous souhaitez transmettre des messages à l'auteur ?  -> d.bernard@journal-marianne.com

Et pour voir la vidéo d'Arrêt sur images : sur le site de France5 (52 minutes avec Alain Duhamel et Daniel Bernard)

 Le cinéma sur Ségolène Royal n’est-il pas l’ultime blague du PS avant le rappel de Jospin?

Les nostalgiques de Lionel Jospin, surpris, ulcérés, consternés, désemparés par l’envol de Ségolène Royal, viennent d’inventer ce scénario. Puisque les choses nous échappent, feignons d’en être les organisateurs...

 Pensez-vous que S. Royal puisse se présenter même si le PS ne la désigne Pas ?

Il n’en est pas question. Je n’imagine pas un seul des candidats à la candidature oser cette transgression. Ne serait-ce que parce que le 21 avril 2002 reste dans les esprits et commande l’unité derrière le candidat officiel. Même Laurent Fabius ne l’envisage plus. Alors la compagne du Premier secrétaire...

 Comment expliquer les articles agressifs de la presse envers mme royal, l’influence sarkozyste et le fait qu’elle n’ait pas de réseaux sont ils la cause de cette cabale ?

Nous ne lisons pas les mêmes journaux... Le Monde vient de publier, après le Nouvel observateur et beaucoup d’autres, un portrait flatteur de Ségolène Royal. D’ailleurs, même Sarkozy a dit qu’il avait de l’estime pour elle ! Drôle de cabale...

 Vous avez recu une drole de fessee par Alain Duhamel a Arret sur image. Ca discredite serieusement votre propos.

Alain Duhamel, comme toutes les institutions, n’aime pas qu’on le chatouille. Il a donc réagi quand je l’ai gratouillé. Soit. Cette colère hautement télégénique confirme mon propos qui n’avait rien d’original puisque je faisais le simple constat que Ségolène Royal, malgré sa popularité, échappait au regard analytique des principaux éditorialistes. Pour eux, jusqu’à la fin de l’année 2005, elle était, je le répète comme une gentille provocation, une rastaquouère.

 Est-il vrai qu’elle n’y connait rien en économie ?

Qu’est-ce qu’un expert ? Tant de spécialistes des questions économiques ont échoué au ministère des Finances que cette notion est devenue relative. Néanmoins, il est certain que Ségolène Royal n’a pas jugé indispensable de concentrer son attention sur les questions fiscales, budgétaires ou sur les secrets de la comptabilité publique. Elle estime, comme Mitterrand, qu’il y a des spécialistes pour cela. François Hollande, d’ailleurs, est un de ceux-là. Ceci dit, elle est diplomée de l’Ena, a été ministre et gère aujourd’hui un budget régional. Ca donne quelques notions.

 Ségolène royal n’aurait pas la "carrure" suffisante ? les français, qui ne sont que 1% d’entre eux à apprécier leur président actuel, après 2 quinquennats, sont-ils, à votre avis, capables d’évaluer les potentialités de Mme Royal au poste suprême ?

Le costume présidentiel n’est pas forcément taillé aux mesures de De Gaulle. En élisant Jacques Chirac en 1995, les Français ont choisi un président réputé "agité". En 2007, ils peuvent encore propulser à l’Elysée une personalité plus accessible que les premiers monarques de la Vème République.

  (...) Madame Royal défend depuis fort longtemps une vraie Démocratie Participative. C’est ce discours qui crée aujourd’hui un réel espoir dans l’opinion, dans toutes les classes d’âge de la société. On raille ses compétences "limitées" en matière de politique étrangère, de politique économique; on redoute ses prises de décisions en cas de crise grave ? Mais Ségolène Royal saura s’entourer et travailler ENFIN en équipe (...) Qu'en pensez-vous ?

Démocratie participative ? Travail en équipe ? En enquêtant en Poitou-Charentes, y compris auprès des conseillers régionaux socialistes, ces ambitions ne trouvent pas la concrétisation espérée. Les élus de sa région souffrent en silence. Ségolène Royal a beaucoup de qualités, mais elle travaille plutôt en commando, avec un cercle très restreints de collaborateurs. La démocratie participative, dans sa région, concerne une part infime de son budget. Jusqu’à preuve du contraire, c’est plus un gadget qu’une révolution.

  Une femme Présidente? la France en rêve!!! C’est un atout en plus : question : quel projet crédible ? Quelle méthodologie? Quelle réelle volonté de s’attaquer aux corporatismes et nationalismes de tout poil pour réformer et partager le gateau équitablement en France? Les libertés sont en danger : que proposer car la peur fait des ravages dans une société qui se cherche? Emile MICHEL

Pour l’instant, Ségolène Royal n’a ni programme ni projet mais des intuitions. Ce n’est déjà pas mal. Elle travaille à un livre qui paraîtra en mars. Chacun pourra alors se faire une idée de ce que l’élection d’une femme, et plus précisément de cette femme, pourra changer en France.

  les femmes ont du mal à concilier vie familiale et vie professionnelle, moi la première et d’ailleurs mon rêve est de ne plus travailler!! on a l’impression que Ségolène est arrivée à tout faire facilement. comment a-t-elle fait??

C’est une femme extrêmement organisée. Elle déteste perdre son temps. Ses collaborateurs louent à la fois son efficacité et son endurance. Pourtant, il ne faut pas l’imaginer en mère omniprésente ; elle a fait le choix prioritaire de son engagement politique. Je reprends dans mon livre une anecdote qui m’a paru significative : quand ses enfants étaient petits, Ségolène Royal demandait à sa nounou de leur présenter une photo de la famille réunie avant de les coucher. Elle précisait aussi qu’elle faisait réciter les leçons le matin, avant l’école. Madame Royal partage les affres de toutes les mamans qui travaillent énormément : elle est déchirée entre l’envie de progresser dans la carrière et le désir de s’occuper des siens.

 Pourquoi ségolène ? Si ce n’était pas ségolène, pour qui pencheriez vous ?
Arnaud http://forumsocialiste.free.fr

J’ai voulu connaître cette femme qui parlaient davantage aux Français qu’aux militants socialistes. J’étais curieux de me plonger dans cette famille de militaires vosgiens. J’ai voulu comprendre ce socialisme imprégné de culture chrétienne. Et cerner aussi cette féministe hétérodoxe. Il me semblait que Ségolène Royal s’exposait beaucoup pour mieux se dissimuler. Mon enquête a confirmé ce sentiment au-delà de mes attentes ! (...)

 Un peu d’arithmétique si vous voulez bien. Fabius dispose de 20% des voix des militants (à valider si de nombreuses adhésions ne changent la donne), il peut espérer glaner une bonne part des voix du NPS, admettons 10%, il resterait 70% à partager entre DSK, Lang, et Ségolène, s’ils se maintiennent tous les 3. Dans cette hypothèse les chances de Fabius restent intactes. Pensez-vous alors à un désistement d’au minimum d’1 des trois pour faire barrage à Fabius ? et si c’était aujourd’hui, pensez-vous que Lang et DSK accepteraient de laisser la place à Ségolène pour battre Fabius ?

Dominique Strauss-Kahn, effrayé par votre analyse, a déjà réclamé une primaire interne à la motion Hollande. Pour l’heure, sa requête n’a pas eu d’écho. C’est sans doute trop tôt.

 Le docteur Douste est Ministre des Affaires étrangères, le juriste Sarkosy est ministre de tout... Pouquoi Ségolène ne serait pas compétente pour être Présidente.

Tout comme le métier de journaliste, l’exercice de responsabilités politiques ne requiert aucun diplôme particulier. Certains ne s’en sortent pas si mal, mais l’inexpérience n’est pas forcément une garantie de réussite. Regardez Douste...

 

 

 

 

 

 

  Mme Royal est à la mode (…) Malgré cet apparent air frais qu’elle représente, (…) a-t-elle vraiment un projet à la mesure des attentes? Je suis sympathisant socialiste mais son discours ne m’a jamais surpris par une originalité personnelle; je dirais même le contraire. Qu’en pensez-vous?

Ségolène Royal ne manque pas d’audace, mais cette audace ne la porte pas à affronter l’opinion. Elle s’est plutôt fait une spécialiste de heurter les libéraux-libertaires qui, à gauche, tiennent le haut du pavé. Dans son milieu, au PS, c’est courageux. Je crois que les français sentent cette capacité à afficher ses convictions et l’apprécient. Dans cette campagne présidentielle qui s’ouvre, c’est incontestablement un atout si elle use de la même arme sur des sujets qu’elle n’a pas abordé. En clair,si elle affronte les géants de la grande distribution ou Jean-Claude Trichet avec la même ardeur qu’elle s’est coletée aux fabricants de strings,elle peut entreiner largement les socialistes, la gauche et les Français. Le veut-elle ? Le peut-elle ? (..)

 pourriez vous m’indiquer les grandes lignes de ses orientations en ce qui concerne la fonction publique merci

 Non. Malheureusement


 Madame Royal déclare avoir Tony BLAIR pour modèle... comment porter l’espérance d’une vraie gauche sociale avec de telles références ?
je crains une nouvelle fois de voir une "gauche" appliquer une politique de droite si elle revient au pouvoir !

 

 

 

 

 

Tendez l’oreille lors de sa prochaine intervention : Madame Royal use en permanence d’une formule, "et en même temps". Elle est donc blairiste, et en même temps, sa région subventionne Attac. Ce qui la séduit chez Blair, c’est d’abord son énergie et son refus de se laisser enfermer dans les schémas anciens du Labour. Ils ont en commun le culte de l’efficacité. Cela ne fait pas une politique de gauche, certes, mais cela ne qualifie pas forcément une politique de droite. (...)

 Ségolène Royal pourrait-elle émerger politiquement si la mode actuelle n’était pas à la politique spectacle ?

 Vous faîtes sans doute référence à Lionel Jospin chantant les feuilles mortes à la télévision ou faisant savoir urbi et rbi que c’est daniel, le fils de Sylviane, qui a préssé le bouton du fax dont est parti sa candidature à la présidentielle de 2002 ! La peoplisation de la vie politique ne date pas d’aujourd’hui. Ségolène Royal, qui ne fait rien à moitié, a simplement forcé le trait en se multipliant les prises de vue avec enfants. Ce faisant, elle se pose en responsable politique maternante. Or, il me semble que les Français aujourd’hui réclament des protections. Là reside, selon moi, le secrêt de l’engouement de l’hiver 2006.

 Je crois vous avoir entendu dire que Ségolène Royal ne tenait pas la route plus de 10 minute s lors de vos échanges pour ce livre ? Confirmez-vous ?

SR ne souhaitait pas revenir -notamment avec un journaliste de Marianne- sur son parcours.Je l’y ai un peu contraint pour ce livre et elle a finalement consenti à livrer quelques éléments du puzzle, à m’aiguiller. Mais, fondamentalement, c’est une personnalité qui s’épanouit dans la brume.
A propos des 10 minutes, c’est autre chose. En réécoutant nombre de ses prestations audio-visuelles, je me suis aperçu qu’elle était imbattable sur 30 secondes, plus fragile sur 10 minutes et souvent à bout d’arguments lors d’une émission longue et technique. Manque d’expérience de ce type de marathon médiatique, sans doute...

 Mettre en question les compétences de Royal est-il du sexisme? (le vrai problème n’est-il pas plutôt que personne ne mette en question les compétences de ses ricvaux...)

Le sexisme existe. Les salaires des femmes sont moindres que ceux des hommes. Les violences conjugales concernent un sexe davantage que l’autre. Néanmoins, comme le reconnaît Ségolène Royal, pour elle, être une femme a été, jusqu’à présent, " plutôt un atout".

 S. Royal veut-elle aller au bout? N’a-t-elle pas pour principal mérite de gêner la montée en puissance de Fabius et DSK avant que la situation ne soit mure pour Jospin?

Tous les scénarios du monde ignorent un détail : Ségolène Royal n’est absolument pas décidée à s’effacer devant qui que ce soit. A fortiori s’il s’agit de Jospin, de DSK ou de Fabius !

 Compte tenu de la ferveur populaire qui tend à placer Ségolène Royal en tête des "candidats à la candidature", comment le 1er secrétaire du PS va -t-il pouvoir rester neutre ? En s’en prenant à Ségolène et même si elle est assez forte pour se défendre seule, son expérience politique le prouve, certains "amis" du 1er secrétaire attaquent François HOLLANDE. On entend des remarques, fortes discourtoises à l’encontre de Ségolène qui dépassent la politique et qui ne peuvent laisser un conjoint de marbre.

En rencontrant françois Hollande lors de la préparation de ce livre, j’ai été stupéfait par la distance avec laquelle il commente les événement de sa propre vie. Des qualités nécessaires pour réussir en politique, il a au moins le sang froid.

 Mr Bernard a-t-il anticipé l’avènement de Ségolène lors de son enquête pour écrire son livre (que je n’ai pas encore lu) ? Pourquoi a-t-il commis ce livre et quand a-t-il commencé son ouvrage ? Comment l’hebdo Marianne "voit-il" notre "Dame de coeur" ? Merci

Lorsque j’ai commencé mon enquête, à la fin 2004, j’ai observé ce que tous mes confrères savaient : "Ségolène" entretient avec les Français un rapport complice, tendre, doux. Ce n’est pas un hasard s’ils l’appellent par son petit nom. Pourtant, à la différence de mes confrères, j’ai voulu la prendre au sérieux. La traiter, au fond, comme on traite ces éléphants installés dans le paysage depuis deux, trois ou quatre décennies. Sa popularité, finalement, en dit long sur la France, sur la gauche, sur le PS, sur les médias...
Quant à Marianne, ses rédacteurs attendent ce que SR voudra dire aux français. Mais sans agressivité a priori.

 Avez-vous rencontré Ségolène Royal pour rédiger votre ouvrage ou est-ce une bio "non autorisée"?

Les deux. J’ai rencontré Ségolène Royal à ma demande, comme 110 autres témoins. Mais le livre n’a pas été relu et encore moins amendé.

 Ne croyez vous pas que toute cett epublicité n’a été orchestrée que pour favoriser au final la candidature du compagnon de SR, à savoir François Hollande ? Ben de Nîmes

C’est la thèse du "lièvre à la Royal". Je n’y crois pas du tout.

 Ségolène a-t-elle lu votre livre? Si oui, qu’en pense-t-elle? Si toutefois elle a bien voulu vous le dire...

Oui, elle l’a lu. Elle a choisi d’en retenir ce qui lui était le plus agréable : en me plongeant dans son enfance, en parcourant les différences étapes de sa vie et de sa carrière, en analysant ses réussites et ses échecs, je crois lui avaoir donné une certaine épaisseur. Elle n’est pas qu’une femme sur papier glacé, même si cette image l’arrange parfois. Son engagement a un sens, inspiré par une quête spirituelle qu’elle veut discrète. Dès lors, elle a choisi d’évacuer tous les passages désagréables. C’était aussi une façon de les banaliser et ne pas attirer l’attention de mes confrères souvent distraits ! 

 

 

 

 

Mardi 17 janvier 2006

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Interview
Daniel Bernard, journaliste à Marianne , signe Madame Royal (*), un portrait pétillant de la présidente de la Région Poitou-Charentes. 27/09/2005



Que vous inspirent les propos déplacés de certains socialistes à l'encontre de Ségolène Royal et de ses ambitions présidentielles ?

Si les éléphants socialistes réagissent avec une agressivité stupéfiante, ce n'est pas seulement parce que le reportage de Paris Match la montre avec sa fille en train de jouer au badminton ! C'est que sa popularité témoigne de leurs propres lacunes. Trois ans après le séisme du 21 avril, aucun d'eux n'a imposé son leadership face à Nicolas Sarkozy. La gauche apparaît encore convalescente, sans idée et sans punch. Ségolène Royal, elle, est combative pour deux. Et elle n'est pas enfermée dans les querelles de boutiques socialisto-socialistes. Même si elle a fait l'impasse sur le taux de TVA et reste discrète sur sa vision de l'Europe, elle parle aux Français et les Français l'écoutent. Nul ne lui reproche, à elle, d'être énarque et de faire de la politique depuis plus de vingt ans ! Dans ces réactions, le machisme est second, même s'il est évidemment perceptible.



L'hypothèse de sa candidature est-elle due à un bon timing dans l'opinion ou à sa personnalité propre ?

Il faut être aveugle et sourd pour ignorer l'envie de neuf qui anime aujourd'hui les Français, de gauche comme de droite. Or ce désir violent ne trouve pas d'incarnation, si ce n'est aux extrêmes. A défaut d'un programme de rupture ou d'un discours innovant, les Français se raccrochent à la candidature d'une femme comme à une bouée de sauvetage. Au-delà, ses combats contre la pédophilie ou la violence à la télévision, mais aussi sa méfiance à l'égard des forces du marché la situent dans une tradition de gauche antilibertaire et anti-ibérale. Or, les Français veulent des repères.



N'a-t-elle pas quand même l'image d'une bourgeoise de gauche ?

Percevant, comme son compagnon, des indemnités de cumularde, elle mène une existence bourgeoise. Mais son enfance dans un village des Vosges, ainsi que son ancrage dans les Deux-Sèvres, font d'elle une élue en prise avec une France rurale qui n'apparaît guère à la télévision. En fait, elle est plus marquée par son éducation chrétienne, qui imprègne son socialisme, que par la fréquentation des grandes fortunes du CAC 40. Contrairement à certaines éminences du PS, y compris François Hollande parfois, elle n'a jamais théorisé l'impuissance de l'Etat. Il y a quelques années, elle a même suggéré de plafonner les salaires et fixé la barre à 50 000 francs !


Est-elle progressiste sur les questions de société ?

Elle est conservatrice, mais moins caricaturale que veut le croire la gauche issue de Mai 68. Si elle s'est opposée au mariage gay, elle a plaidé en tant que ministre de la Famille et de l'Enfance pour la reconnaissance "des" familles, y compris celles qui sont composées de parents homosexuels. Elle considère qu'il n'est pas dans le rôle du politique de porter atteinte à une institution comme le mariage. Mais cela ne l'empêche pas de s'en abstraire puisqu'elle n'est pas mariée avec le père de ses quatre enfants.

Justement, comment décririez-vous le couple Royal / Hollande ?

Le plus remarquable c'est leur absolue différence. Il est ouvert, drôle, et joue collectif, au risque de s'engluer dans les affaires partisanes. Elle est méfiante, implacable avec ses collaborateurs et joue tellement perso qu'elle s'est souvent présentée aux élections en dissimulant son étiquette socialiste.

Propos recueillis par Jérôme Vermelin


(*) Madame Royal de Daniel Bernard Editions Jacob Duvernet. 215 pages, 20,95 euros.

Mardi 27 septembre 2005

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